Autocontrôle 1 (sur le cours 1 Société) : correction

Cours 1 sur la société

Questionnaire d’autocontrôle

 

1 Sur quel lien communautaire essentiel repose la société selon Hegel ?

 

Selon Hegel, la société repose sur le fait que le travail des uns est la consommation des autres et vice versa, autrement dit sur les échanges, et donc sur l’entraide économique que les êtres humains construisent pour la satisfaction de leurs multiples besoins et désirs.

 

Hegel ne met donc pas l’accent sur le partage culturel qui est le second aspect essentiel de la société humaine et qu’on trouve dans la seconde partie de cet extrait étudié dans le blog de la République de Platon.

 

2 Qu’est-ce que l’économie politique ?

 

On appelle « économie politique » tout ce qui concerne la production des biens nécessaires à la vie humaine, mais aussi l’organisation des échanges, la consommation des ménages, la répartition des richesses, le rôle de l’État quand il se donne pour fonction de superviser tout cela.

 

 

3 Pourquoi la société est-elle critiquée par ses membres ?

 

La société a beau reposer sur l’entraide économique, elle est aussi l’espace d’une intense rivalité qu’on appelle « concurrence » entre producteurs de biens, entre prestataires de services, et entre salariés, ainsi que de violents conflits entre patronat et salariés.

 

De cette rivalité naît de ce qu’on appelle « la guerre économique », le but étant de prendre la place de l’autre, ou de l’empêcher de prendre sa place, d’augmenter son profit quelque soit la peine que cela produit d’un côté, et de diminuer la charge de travail quelque soit le risque que l’on fait prendre à l’entrepreneur de l’autre côté.

 

La violence des conflits sociaux et économiques est telle ainsi que celle de la concurrence qu’on oublie totalement la réalité première de la société : l’entraide économique et le partage culturel. Il semble alors que la société soit la cause de tous les maux et malheurs de l’humanité.

 

4 Qu’est-ce qui amène, dans les L.I et II de la République de Platon, les interlocuteurs à imaginer la constitution d’une société originelle ?

 

Socrate et ses interlocuteurs discutent pour savoir ce qu’est la justice, et plus concrètement ce qui fait qu’on peut dire d’un homme qu’il est un homme juste.

 

Ne parvenant pas à se mettre d’accord, ils décident de voir la naissance de cette justice (et de son contraire l’injustice) dans une cité, étant considéré, à cette époque et dans cette culture, qu’il y a un lien de ressemblance entre le macrocosme qu’est la cité et le microcosme qu’est l’être humain dans la cité.

 

En quelque sorte, voir la justice dans la cité sert de loupe pour comprendre ce qu’est la justice en l’âme humaine.

 

 

5 Combien de parties contient l’extrait du L. II de la République qui se trouve dans le cours ?

 

Il y a essentiellement deux parties :

 

-       Dans la première partie, très longue, est étudiée l’entraide économique et donc la division sociale du travail, et tout ce qu’elle apporte aux êtres humains en matière de richesse économique, mais aussi en matière de lien social.

-       Dans la dernière partie, très courte, est étudiée le partage culturel dans la société originelle.

 

6 Sur quoi reposent les relations humaines dans cette Société ?

 

En suivant le plan cité dans la question précédente, on voit que la relation humaine procède :

 

-       Du lien qui naît lorsque les êtres humains sont dans une situation d’interdépendance. Ils se rendent très vite compte que chacun est indispensable à tous, chacun ayant des compétences spéciales que les autres n’ont pas. C’est l’identité sociale de chacun que son métier. Ainsi, on est le cultivateur de la cité originelle, le cordonnier, etc. Il y a d’autre part, une sorte d’égalité radicale puisque chacun est indispensable à tous. Et enfin, chacun est dans la gratitude. De l’interdépendance économique de chacun naît un lien social fort.

 

-       Dans la seconde partie qui traite du partage culturel, on voit une convivialité se mettre en place qui naît du partage de moments agréables. On fait la fête, on s’offre mutuellement à manger, on danse et chante ensemble. On partage des croyances religieuses. C’est le bonheur de vivre ensemble.

 

 

7 Pourquoi cette société peut-elle apparaître comme l’une des premières utopies ?

 

L’utopie, comme genre littéraire, est née à la Renaissance. Ses caractéristiques sont doubles : d’une part, l’utopie décrit une société n’ayant jamais existé, d’autre part, elle apparaît à son auteur comme idéale.

 

Platon présente deux utopies dans la République. La première, la plus importante fait l’objet de l’ensemble de l’œuvre, c’est une utopie politique dont on parlera dans le cours sur l’État.

La seconde est décrite à la fin du L. II de la République, c’est une utopie sociale et économique : l’utopie des origines (ou la société originelle).

 

Cette seconde utopie est une utopie, parce que Platon n’a pas l’ambition de vraiment décrire les premières sociétés historiques qui d’ailleurs ne ressemblent pas à cette société telle qu’il la décrit au L. II de la République. Les sociétés premières sont en effet fondées sur le don et le contre-don comme type de relation, et non sur l’échange qui implique la division sociale du travail.

 

Et c’est une utopie, car tout est fait pour que les membres de cette société soient bien installés dans une sociabilité heureuse : ils ne connaissent pas la concurrence économique et vivent à plein la reconnaissance mutuelle devant tous les services qu’ils se doivent mutuellement. Il n’y a ni riches ni pauvres, tous les membres de cette société sont égaux, et tous s’apprécient, font la fête ensemble.

 

 

8 En quoi consistent l’identité sociale des marchands et leur rôle dans la société originelle de Platon  ?

 

Le travail de marchand qui consiste à recueillir les biens faits par les producteurs sur le marché et à attendre pour eux la venue des consommateurs est un travail moins dur que les autres. Il est réservé aux personnes qui n’ont pas une bonne condition physique. On voit que la société originelle de Platon est une société solidaire.

 

 

9 La société originelle imaginée par Platon est-elle identique aux sociétés premières historiques ?

 

Non, Platon n’a pas pour ambition de faire un travail d’historien, mais celui de philosophe. Il imagine une société originelle, sur la base des sociétés historiques existantes de son temps, c’est-à-dire des sociétés fondées sur les échanges.

 

Les sociétés premières sont fondées sur le don et le contre-don où les objets échangés sont moins importants que le lien qui se tisse, et qui organise une dette durable qui ne cesse d’être remboursée et qui ne cesse d’être recréée. Ainsi, en l’absence d’États puissants qui assurent la continuité du lien social et l’équité des échanges, la relation humaine peut être durablement installée.

 

On comprend donc que la société des échanges a besoin d’être organisée par l’État  politique. Mais ce n’est pas ainsi que Platon imagine sa société originelle. C’est une utopie, et la gratitude mutuelle et la convivialité assurent une continuité suffisante.

 

10 Pourquoi Glaucon s’énerve-t-il à la fin du texte ?

 

Glaucon, le frère historique de Platon, est ici l’interlocuteur de Socrate. Il s’énerve parce que la vie simple des hommes de la société originelle lui paraît une vie indigne de l’être humain.

 

Comme Calliclès et Thrasymaque, d’autres personnages de Platon, il incarne le désir humain, et n’entend pas limiter celui-ci, même si cette limitation conduit au bonheur. Il veut le luxe, et ce luxe cependant va faire entrer le vice, l’injustice, et dès lors rend nécessaire l’État politique pour imposer des lois et restaurer la justice quand il le faut (par des jugements).

 

11 Qu’est-ce que le don et le contre-don et quel est la différence avec l’échange ?

 

Le don et le contre-don, ce n’est pas du tout la même chose que l’échange. Dans le cadre du don et du contre-don, il n’y a pas d’évaluation des services ou objets donnés.

Chacun fait ce qu’il peut pour aider l’autre au moment où il en a besoin. De ce fait, celui qui rend un service ou offre un objet sait que, si un jour, il a lui-même besoin d’aide, il peut compter sur son voisin qu’il vient de dépanner. Personne ne regarde de trop prêt à ce que le service rendu en retour (le contre-don) soit de même valeur que le service reçu. Ce n’est pas important. Ce qui compte c’est qu’on peut compter les uns sur les autres.

Si un jour, il y a rupture dans ce lien, si celui qui a reçu des services ne rend pas la faveur quand l’autre en a besoin, c’est très grave. C’est le risque réel de transformer l’ami en ennemi, et la sociabilité en guerre. Le contre-don et la dette qui engage sont donc très respectés.

 

Dans l’échange, ce qui est essentiel c’est l’équité de l’échange. D’où la monnaie qui sert à la fois à fluidifier les relations, mais aussi à bien évaluer la valeur des objets échangés. Une fois l’échange procédé, il n’y a pas nécessité de rester en relation, et de tisser un lien amical. C’est un plus, non obligatoire. L’échange n’est possible que dans un système politique déjà élaboré en État. C’est ce dernier qui garantit que l’échange est équitable. Dans le cas contraire, on peut porter plainte.

 

 

12 Quels sont les avantages de la société fondée sur la spécialisation des tâches ?

 

La spécialisation des tâches ou la répartition sociale du travail (se sont des synonymes) a beaucoup d’avantages :

 

-       d’abord chacun est employé au mieux de sa nature. Nous ne sommes pas tous, en effet, doués dans les mêmes domaines. Donc chacun en se spécialisant va faire ce qui lui convient le mieux.

-       Et chacun s’améliore grandement dans son savoir et son savoir-faire puisqu’il devient un spécialiste.

-       La productivité augmente (la capacité que chacun a de faire un nombre de tâches dans un temps donné).

-       Globalement, la société est donc beaucoup plus productive que si chacun faisait tout en autarcie pour  lui-même et sa famille. Étant plus productive, elle est aussi globalement plus riche.

-       Par ailleurs, cette spécialisation des tâches a un autre grand avantage : elle tisse une interdépendance entre les êtres humains. Elle crée la société du point de vue économique donc. Chacun acquiert une identité sociale spécifique : chacun a un statut lié à son métier.  Elle est au fondement de l’entraide économique des êtres humains.

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